Thibaud Villanova, responsable communication du Dernier bar avant la fin du monde

Nous voilà prévenus !
A noter que selon les spécialistes, la référence est en lien avec « Le Guide du Voyageur Galactique », pas le calendrier Maya. Enfin un peu quand même.

Ce week-end, comme vous le savez maintenant tous, je suis allée à Paris. Et comme je suis une investigatrice de l’imaginaire qui n’a pas froid aux yeux (filez moi un chapeau en feutre et un fouet siouplé), j’en ai bien entendu profité pour proposer un rendez-vous afin d’en apprendre plus sur ce déjà célèbre Bar de l’imaginaire !

C’est Thibaud Villanova, Responsable relation publique, communication et organisation événementiel, qui a pris le temps de m’accueillir et de répondre à mes questions. Oui, celui qui a mis plein de points dans la compétence « sociabilité et baratin » 😀 Je l’en remercie très chaleureusement, au passage !

Thibaud Villanova'dawan Kenobi A la communication du Dernier Bar avant la fin du monde, ça plaisante moyen !

Thibaud Villanova’dawan Kenobi
A la communication du Dernier Bar avant la fin du monde, ça plaisante moyen ! (Du coup je me demande si son chef s’appelle Grilloda…)

 

Rencontrer les gens qui font le Dernier Bar avant la fin du monde, c’est tout d’abord rencontrer un lieu… et quel lieu ! 400m² entièrement consacrés aux cultures de l’imaginaire, et à leur promotion ! 400m² soigneusement mis en ambiance, pour permettre une immersion totale, et qui ne manque pas de chaleur ! Accueillie à l’entrée par un R2D2 sur son 31 (ne cherchez pas de rapport avec Ulysse, j’ai pas fait exprès), je suis entrée dans une salle parquetée, avec plein de tables et de chaises bois, velours rouge et autres métaux patinés : un univers vieille bibliothèque qui évidement ne pouvait que me convaincre, avec force étagères pleines de livres et secrétaires comme on n’en fait plus ! Une décoration « mondes oubliés » teintée de références multiples. Thibaud me confirme l’impression que l’on a quand on rentre : absolument tous les détails ont été minutieusement pensés pour que l’œil se pose systématiquement sur une référence culturelle (de l’imaginaire, bien sûr !). Et des détails, il y en a à foison ! Le Dernier Bar avant la fin du monde se visite, donc, même quand il n’y a pas d’expo !

Une partie de la Salle des Mondes Oubliés, au Dernier Bar avant la fin du monde... ici, la bibliothèque et la ludothèque, avec le secrétaire. En arrière plan, la mezzanine, avec les recherches des employés et propriétaires pour récupérer de l'info sur Chtulhu et autres Grands Anciens. On en aurait trouvé une trace chez les Mayas...

Une partie de la Salle des Mondes Oubliés, au Dernier Bar avant la fin du monde… ici, la bibliothèque et la ludothèque, avec le secrétaire.
En arrière plan, la mezzanine, avec les recherches des employés et propriétaires pour récupérer de l’info sur Chtulhu et autres Grands Anciens. On en aurait trouvé une trace chez les Mayas…

Parlons donc d’expos, même si je pourrais déblatérer encore des heures sur le lieu puisqu’il compte plusieurs niveaux, dont chaque ambiance est travaillée avec la même minutie… Des expos, donc, il y en a quand même assez souvent. En ce moment, et jusqu’au 3 juin, ce sont les Mystérieuses cités d’or qui sont à l’honneur. Avant il y a eu une thématique vampire, et après, ce sera autre chose : concernant les cultures de l’imaginaire, Le Dernier Bar a choisi de ne pas choisir. La bande de créateurs est composée d’une dizaine de personnes, toutes issues du milieu geek (édition de manga, organisation de salons, game designer et autres joyeusetés, naviguant de Kaze à Nintendo) et toutes passionnées qui de manga, qui de fantasy, d’informatique ou de jeux videos (rayez la mention inutile, liste non exhaustive). Ils ont passé trois ans à se réunir toutes les semaines pour définir leur concept et leurs angles d’approche. La conclusion, c’est qu’ils n’ont pas pu se résoudre à sacrifier l’un ou l’autre pan de cette vaste vague culturelle regroupée sous l’égide de l’expression « cultures de l’imaginaire ». Le Dernier Bar avant la fin du monde, c’est la matérialisation de ce souhait ambitieux de création d’un espace privilégié pour l’expression et la rencontre des passionnés, dans un décor chaleureux et décontracté.

En tant que tels, ils appliquent une politique qui sait accueillir des structures de type associatif, autant que des soirées privées, ou encore des dédicaces en entrée libres (à ce propos, la prochaine, c’est Michael Moorcock, le 21 mai). Cette accessibilité, c’est une volonté forte : les créateurs ont tous fréquenté des associations et savent que c’est un milieu pivot pour la diffusion des cultures de l’imaginaire. Ils en connaissent également les besoins et les nécessités, et à leur mesure, souhaitent les aider. Attention néanmoins, philanthrope ne signifie pas irresponsable ou hors des réalités commerciales : le Dernier Bar reste une entreprise qu’il faut faire tourner, avec 30 personnes à rémunérer (ouais, 30 personnes, pas moins, dont certains, on s’en doute, travaillent plus de douze heures par jours… Pour se faire une idée, il faut se dire que 30 personnes, c’est l’équivalent de certains Cultura parmi les plus petits) et des charges à assumer. Sans compter le bénéfice à dégager, bien sûr. Et tout ça en plein cœur de Paris (vous vous doutez bien que le loyer n’est pas le même qu’à Brousse, dans la Creuse).

Quand je pense que j'ai raté cette salle... Je vais être obligée d'y retourner !

Quand je pense que j’ai raté cette salle… Je vais être obligée d’y retourner !

Plusieurs personnes m’ont fait des retours sur leur politique de prix, d’ailleurs (puisque bien sûr, tout cela se paye avec le chiffre dégagé par les ventes). Comme quoi c’était cher. Soyons honnêtes, je ne dépenserais pas 12€ pour un cocktail (avec ou sans alcool). Mais bon, le café à 2.50€ et la pinte de bière à 5€, moi je trouve ça très largement raisonnable. Pour donner un ordre d’idée à ceux qui n’habitent pas, comme moi, « en province », ce sont des tarifs même légèrement moindres que ceux qui sont pratiqués à Toulouse. Bref, on peut boire et grignoter pour pas excessif au Dernier Bar, donc finalement, je ne trouve pas cela si abusif (bien que je ne comprenne pas la démarche des cocktails à 12€). Après, c’est vrai aussi que je préfère me payer une pinte et un restau avec les Vendredis Oniriques à la fin du mois (à Toulouse, donc) que dépenser 1300€ dans la repro de l’épée de Conan le Barbare. Question de priorités.

Quand je demande, enfin, comment ils expliquent le succès immédiat du concept (je rappelle qu’ils ont encore moins d’un an…), Thibaud me répond tout simplement que l’imaginaire, ça touche tout le monde, d’une façon ou d’une autre. Que tout le monde a cette nécessité de s’évader d’un quotidien pas toujours super sexy. Que cette propension à l’imagination titillée par les cultures de l’imaginaire, chaque individu en est porteur. Et que oui, si chacun se trouve en situation de la réveiller, il y a des chances que ça participe, à son niveau, de l’émergence d’un monde meilleur.

Grâce au Dernier Bar, me voilà rassurée : nous serons équipés pour la Révolution !

Grâce au Dernier Bar, me voilà rassurée : nous serons équipés pour la Révolution !

Et voilà ! Merci encore à Thibaud Villanova de m’avoir accueillie et d’avoir répondu à ma multitude de questions (parfois même sans que je les lui pose !!!), et merci pour le thé ! (excellent d’ailleurs, même pas en sachet tout prêt… le soucis du détails, mesdames messieurs, le soucis du détail !)

NOTE AU SUJET DES PHOTOS !
Comme je suis un gros boulet, j’ai oublié mon appareil photo pour aller au Dernier Bar (que je finirais par appeler DB si je n’avais pas peur de voir Tortue Géniale débarouler dans mes tiroirs de sous-vêtements).
Toutes les photos ici présentes sont empruntées à des sites internet et/ou à d’autres blogs que je détaille ci-dessous. Celle de Thibaud Villanova lui appartient en propre. Que les propriétaires des photos n’hésitent pas à me contacter pour que je les supprime si cela les dérange.