Attentes de lectures, attentes de lecteurs : « L’horizon est dans les yeux, et non dans la réalité »

Vous avez constaté, si vous suivez ce blog depuis un petit moment, qu’il est très rare que je propose une chronique négative sur un livre. Je me suis posé la question de savoir pourquoi. C’est quand même quelque chose de n’être quasiment jamais déçue !

 

Suite à la lecture de Du Sang sur la plume et de Meurtre dans un jardin indien, j’ai mis le doigt sur un élément de réponse. Les deux sont des policiers, l’un m’a plu et l’autre non (pour des raisons diverses, je vous encourage à re-lire les chroniques si le détail vous intéresse). Pourquoi ? Je me suis rendu compte que c’était tout simplement dû à ce que je m’attends à trouver dans un policier. A ce que j’ai envie d’y trouver également. Que si j’arrive si souvent à trouver de l’intérêt à un roman alors que c’était parfois vraiment mal parti, c’est parce que j’arrive la plupart du temps à m’adapter à ce que je lis, et à modifier mes présupposition en conséquence. Ces présuppositions, ces envies, dans le jargon on appelle ça l’horizon d’attente du lecteur (et après, on me dira que lire n’est pas voyager ?…).

 

Définition :

Je viens de vous expliquer un peu avec mes mots de profane en quoi ça consiste. Histoire de me la péter un peu et de faire snob et pro à la fois, je vous mets ci-dessous la définition de Jauss, le type qui a plus ou moins inventé le concept !

L’horizon d’attente, c’est «le système de références objectivement formulable qui pour chaque œuvre au moment de l’histoire où elle apparaît, résulte de trois facteurs principaux: l’expérience préalable que le public a du genre dont elle relève, la forme et la thématique dont elle présuppose la connaissance, et l’opposition entre langage poétique et langage pratique, monde imaginaire et réalité quotidienne»

Voilà qui est bien compliqué comme phrase ! En gros, il explique que quand on ouvre un livre, il y a trois piliers qui déterminent ce qu’on en attend : d’abord, les lectures précédentes dans le même genre (exemple : j’ai vu dans Mort d’une héroïne rouge une expression de la société chinoise en arrière-boutique. C’est devenu une de mes attentes quand je lis un polar ou un policier) ; ensuite, un livre répond à certains codes de fond et de forme que l’on connait ou pas en tant que lecteur, et qui génère des attentes chez le-dit lecteur (exemple : la bit-litt répond à certains codes. Quand j’ouvre un livre estampillé bit-litt, je m’attends à trouver un certain type d’histoire, dans un certain style et avec une certaine composition… ça marche aussi parfaitement bien avec les romans à l’eau de rose de chez Harlequin, calculés à la ligne près !) ; enfin, l’attente est générée par le fait qu’on entre ou non dans un monde de l’imaginaire : on ne s’attend pas à la même chose quand on ouvre un livre de cuisine et un roman de Science-Fiction.

Voilà pour  la définition de l’horizon d’attente, en espérant n’avoir pas été complètement obscure ! N’hésitez pas à m’en faire part en commentaire, si ce n’est pas clair !

 

Comment donc est-ce donc généré, dis donc ?

Jauss nous donne quelques indications plus haut, mais j’aimerais en ajouter quelques-unes à l’usage du badaud genre vous et moi.

La couverture et le titre : la couverture d’un roman, l’image qui a été choisie pour l’illustrer, se partage avec le titre la première impression qu’on se fait d’un livre. Le mieux est de faire un test : regardez bien les deux couvertures ci-dessous :

Est-ce que vous vous attendez à rencontrer le même genre de bouquin ? Non ? Voilà !

Notez qu’en ce qui me concerne, la maison d’édition joue aussi beaucoup. Je ne m’attends pas au même genre de bouquin chez Bragelonne et Harlequin… (comme quoi les spécialisations ça sert).

A l’attention des maisons d’éditions inconnues au bataillon, ou petites, ou sur le démarrage : le logo que vous utilisez génère lui aussi une attente de lecture. J’en discutais avec Cecilia Correia sur un salon la dernière fois. Elle m’expliquait que Rebelles éditions ne faisait pas spécifiquement dans la romance, même s’il y en a. Perso, le logo m’orientait sur du 100% romance… comme quoi…

 

La quatrième de couverture : le résumé d’un roman, évidement, va générer une attente. C’est son rôle premier, même : vous donner envie de lire la suite ! Une mini biographie de l’auteur et sa photo peuvent aussi jouer leur rôle, en positif comme en négatif. C’est idiot, mais le gens moyen (vous, moi, eux) se cantonne souvent à l’apparence de celui qui écrit…

Les chroniques et critiques : Et oui, je parle de nous autres blogueurs, mais aussi de tous les gens qui donnent leur avis sur les livres dans les magazines, à la TV, etc… On donne notre avis, ce qu’on en a pensé : forcément, ça influence ceux qui nous lisent ! Et ça génère chez eux l’envie de lire ou pas, en fonction de ce qu’ils s’attendent désormais à y trouver !

 

Les attentes de lecture sont partout !

Oui, partout ! Quand on ouvre un roman, on s’attend au respect de tel ou tel code. Quand on ouvre un livre de recettes, on s’attend à trouver des recettes (peut-être même des photos). Quand on lit une notice d’utilisation, on s’attend à comprendre le fonctionnement de la machine à laver. Les horizons de lecture concernent jusqu’à l’info sur la composition de votre chocolat en poudre préféré.

 

Adaptabilité, flexibilité :

Avoir conscience de ce phénomène d’attentes de lecture (même si je ne relis pas la définition avant de lire la moindre notice de montage de meubles suédois) est pour moi très important car il me permet souvent de comprendre pourquoi j’aime ou non un roman. Je peux me dire « en effet, je me trompe d’attentes de lecture… l’auteur n’envisageait probablement pas de répondre à tel ou tel code… alors, qu’est-ce qu’il a voulu faire ? » Et du coup, je modifie mon attente en cours de route. Ou si j’ai aimé, ça me permet de me dire, « oui, c’est parce que telle et telle attente ont été satisfaites ». En somme, ça permet de trouver du positif partout, même quand je n’ai vraiment définitivement pas aimé. Dans ce dernier cas : « ok, je n’ai pas ces attentes, mais d’autres oui, sans doute : je ne suis pas le public visé » (je vous renvoie à ma chronique sur Le Premier Eté, qui entre totalement dans ce cas de figure). En somme, ça évite de partir sur du « c’est de la merde », et ça permet de rester sur du « ça ne m’a pas plu/convaincu… »

 

Les attentes de lecture, un phénomène dont il faut avoir conscience :

Oui. Je l’affirme haut et fort. En tant que lectrice, je trouve qu’il est important d’avoir conscience de la façon dont ce principe fonctionne chez moi. Surtout que je me permets de donner mon avis sur ce que j’ai lu ! ^^

D’ailleurs, c’est un outil très intéressant pour construire sa chronique. Quelles étaient mes attentes, et ensuite, comment ont-elles ou non été satisfaites ? (et dans quelle mesure la potentielle surprise m’a amusée, donné du plaisir de lecture ? C’est qu’il faut savoir aussi que certains petits malins s’amusent à générer des attentes de lecture pour mieux les transgresser ensuite… un jeu à double tranchant, mais qui peut faire tout le sel d’une œuvre !). Quelques questions toutes simples que l’on peut se poser et auxquelles on peut répondre au cœur de la chronique ! C’est quand même génial non, comme levier ?

 

J’aimerais enfin spécifier que ce principe peut s’appliquer aussi au cinéma, à la TV, aux expos et à toute forme d’expression artistique. Je suis fan !

 

NB : Citation de titre : Angel Ganivert

Le Magicien d’Oz – Incontournable Dorothy

Titre original : The Wonderful Wizard of Oz
L. Frank Baum
1900
Traduit par Anne Delcourt

Je suis terriblement en retard pour cet article… mais ça ne va pas m’empêcher de rebondir sur l’article posté Mercredi en proposant une chronique sur un roman-conte a priori pour la jeunesse, le fameux Magicien d’Oz. Pourquoi me suis-je fendue d’une telle lecture ? Ce roman a fait l’effet d’une bombe aux Etats-Unis quand il est sorti, à l’aube du XIXe siècle, marqué par une crise économique dont il se fait manifestement l’allégorie (je vous laisse lire l’article Wikipédia à ce sujet si vous le souhaitez). Il a profondément marqué l’imaginaire Anglo-saxon, peut-être à cause de sa convocation d’archétypes immémoriaux. Bref, en tant que lectrice de littératures de l’imaginaire d’outre atlantique aussi, il me paraissait extrêmement lacunaire de ne m’être jamais penchée sur la question. Un manquement réparé !

Est-il encore nécessaire de rappeler l’histoire du Magicien d’Oz ? Allez, au cas où, je me lance. Dorothy est une petite fille qui vit au Kansas avec sa tante et son oncle, peu fortunés. Elle vit dans un monde tout en gris, mais elle n’en est pas moins d’un optimisme à toute épreuve, ainsi que courageuse et pragmatique. Un jour, un ouragan emporte sa maison jusqu’au pays d’Oz, où elle atterrit sans pouvoir rentrer chez elle. En effet, ce pays est entouré de déserts infranchissables autrement que par la voie des airs ! Alors, chaussée de ses chaussures d’argent (récupérées sur la vilaine Sorcière de l’Est que sa maison a allègrement écrasée), elle se met à arpenter la route pavée de jaune en quête du magicien d’oz, qui pourra sans doute la ramener chez elle. Elle y rencontrera l’Epouvantail sans cervelle, le Bucheron sans cœur et le Lion sans courage, eux aussi résolus à demander de l’aide au fameux magicien.

Peut-on émettre un jugement de valeur au sujet d’un conte ? Les Américains y ont vu une allégorie de la crise économique qui avait sévi quatre ans plus tôt, comme je l’indique ci-dessus. Loin de moi l’idée de nier l’évidence, mais je préfère me concentrer sur ce qui m’a touchée moi, Française du XXIe siècle et surtout SURTOUT fascinée par les contes et l’usage des archétypes. Et Le Magicien d’Oz en regorge. Donc j’ai été complètement sous le charme ! Dois-je entrer dans une étude de texte ? Les symboles sont si nombreux que ça me prendrait des heures. Je me concentrerai donc sur quelques éléments très spécifiques. J’ai aimé trouver quatre sorcières aux points cardinaux (pas toutes méchantes !!!), avec le Magicien d’Oz au centre. Ils permettent la création de l’espace-royaume sur un axe qui rappelle les mythes antiques, voire sorciers !!! C’est que l’univers d’Oz est un monde hors du monde. Un espace hors de l’espace, mais aussi un temps hors du temps puisque les jours ne semblent pas s’y dérouler avec la même vitesse. Du moins peut-on choisir cette explication. C’est un univers enchanté, presque onirique, obéissant à ses propres règles et qui évoque à la fois le Wonderland d’Alice, mais aussi les îles de légende. Si ce n’est qu’au lieu d’être entouré d’une mer d’eau, ce pays est entouré d’une mer de sable.

D’autres très nombreux thèmes sont abordés, en particulier celui de ce dont on croit manquer, alors que les qualités sont bel et bien là, au fond de soi… Et du besoin du concours extérieur pour se sentir complet. Une réflexion intéressante articulée autour des accompagnateurs de Dorothy, à savoir l’Epouvantail, le Bucheron et le Lion. Aussi, celui de l’illusion qui permet la manipulation des foules, avec ou sans malice. Les ficelles sont bien blanches et très visibles, et on voit le message à trois kilomètres à la ronde, ce que je trouve peut-être un peu dommage. Au stade où j’en suis de mon expérience de lecture, j’aurais préféré quelque chose de plus subtil, mais bon, je ne suis pas non plus le public original du roman.

J’y ai retrouvé enfin de nombreux archétypes tels que Jung a pu les concevoir : l’Anima, bien sûr, mais aussi l’Animus (même si divisé), le Magicien, l’Ombre et la Personna, et la liste n’est pas exhaustive !

Un petit roman très riche, donc, qui mérite d’être lu d’une part pour son influence sur la création Anglo-Saxonne (que je vais sans doute pouvoir comprendre avec une perspective plus large) et d’autre part pour sa propre individualité, prenant suffisamment racine dans des représentations universelles pour générer de l’intérêt auprès du public le plus large. Du reste, avec ses courts chapitres, je le trouve parfait pour l’histoire du soir auprès des plus jeunes !

Un incontournable, donc !

Odd et les Géants de Glace – Neil Gaiman

Pour ma première expérience avec Neil Gaiman, dont on me fait éloge depuis que j’ai ouvert ce blog (et honte sur moi je n’en avais encore jamais lu), j’avais décidé de lire Neverwhere. Sauf que l’on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie, et qu’en plus, les copines vous prêtent des bouquins. Du coup, je me suis retrouvée avec Odd et les Géants de Glace, à lire par un beau dimanche ensoleillé…

Odd est un jeune garçon Viking. Il a douze ans, et il n’a pas de pot. Déjà, son nom lui-même le classe en marge de la société. En plus, son père est mort en expédition, même pas héroïquement. Et comme Odd a une tête en bois, il a décidé de devenir bûcheron, comme feu son papa. Sauf qu’âgé de 10 ans, il ne connait pas les finesses du métier. Et il se fait tomber un arbre sur la jambe. Boiteux, mais volontaire, méconsidéré de tous sauf de sa mère mais toujours souriant, il finit par partir à l’aventure. Sa rencontre avec un ours coincé, un renard et un aigle va changer sa vie. Il va rencontrer des monts (glacés) et des merveilles (divines). Il va rencontrer un monde qui a besoin de lui, juste un garçon éclopé.

Un conte dans la plus pure tradition, sur fond nordique ce dont on a un peu moins l’habitude, voilà qui est rafraichissant (sans mauvais jeu de mot) ! Je ne suis pas sure que ce soit le livre le plus représentatif de l’auteur (je n’en sais rien en fait), mais je l’ai trouvé très agréable, et très qualitatif, aussi bien en termes de style qu’en termes de contenu. Je me rends compte en écrivant qu’il est difficile d’en parler, car la trame mélange des éléments traditionnels du conte, et des éléments détournés. Le jeune héros juste normal, voire brebis galeuse, avec un nom qui n’en est pas un (et donc qui permet la pleine identification – pour les curieux, Odd signifie « bizarre, étrange, inhabituel ». Vous noterez que ça ne vaut pas mieux que « Chaperon Rouge » ou « Cendrillon ») est poussé à quitter le foyer, et avec lui à couper le cordon ombilical. Il a 12 ans, il est en pleine adolescence, et c’est bien d’un voyage initiatique qu’il s’agit. S’autonomiser, dépasser ses limites, ouvrir grand son esprit, voilà des thématiques phares qui permettent d’atteindre l’âge d’homme autrement que par les faits d’arme. Question bravoure, Odd n’a rien à envier à personne. Avec don handicap en revanche, il rappelle sérieusement le pauvre nerd moderne, intelligent mais se tenant loin des stades et largement dénigré par les mâles de sa société…

C’est bien une histoire d’hommes dont il s’agit. La mort de la bonne mère laisse place à celle du père aimant et prêt à se sacrifier, tandis que l’affreuse belle-mère est remplacée par un horrible beau-père. Cette dernière figure, a priori détestable, est pourtant celle qui permet de quitter le nid sans remords. A avancer.

Je pourrais en parler des heures, mais j’aimerais évoquer d’autres aspects de ce conte, en particulier le traitement de la mythologie nordique, que j’ai trouvé certes un peu caricaturale, mais très intelligente au demeurant (ouais… je me permets de dire que Neil Gaiman a une approche intelligente… je suis sure qu’il sera ravi de l’apprendre…). La reprise des mythèmes nordiques est bien pensée, même si je n’aurais sans doute pas abordé les choses exactement de la même manière (en termes symboliques surtout).  Le traitement d’Asgard comme un monde féérique, où le temps ne passe pas de la même manière que sur Terre/Midgard, m’a beaucoup plu également : il suffisait d’y penser, pourtant. Enfin, j’ai été séduite par l’interprétation du concept de divinité. Immuable. Contrairement à l’humain, ce qui fait la si grande richesse de ce dernier.

Le devenir du petit bûcheron éclopé est très intéressant. Il devient homme, par un chemin différent mais non moins mythique, héroïque. Porteur de sagesse, visionnaire, artiste, conteur… Odd porte la marque de ceux qui sont allés dans l’Autre Monde, et qui en sont revenus… d’Orphée à Merlin ou Taliesin, ce mythe est celui de ceux qui grandissent par l’esprit et dans l’adversité. A mettre dans les mains de tous les enfants dits marginaux qui se désespèrent d’avoir de la valeur. De trouver leur place dans un monde étriqué.

Finissons sur un petit mot au sujet des illustrations. Vous en trouverez une à chaque chapitre, crayonné au trait qui se veut sans doute un rappel des magnifiques gravures de Gustave Doré. Sauf que voilà, si le dessin est comme je les aime, doux, onirique (quoi qu’un peu naïf parfois), le papier ne lui rend pas du tout justice. Et les images que j’en trouve sur le net sont souvent encore pire ! Dommage…

Illustration de Brett Helquist. La qualité de celle-ci est passable. Vraiment dommage, car le trait est très joli je trouve.

Illustration de Brett Helquist.
Après recherche, j’ai trouvé cette repro qui n’est pas trop mal niveau qualité. Croyez-moi quand je vous dit que ça y perd sur papier jaune à grain épais.

Alors voilà, Odd et Les Géants de Glace, c’est un roman, a priori plutôt à destination des enfants. Mais l’adulte a beaucoup à en apprendre, et le lecteur énormément à y observer, analyser, comprendre, recouper… Bref, c’est un conte. Un vrai.

Les Phénomènes de Corneghem, tome 1 : L’esprit de la Forêt – Patrice Michel

Je ne connaissais pas du tout cet auteur, et c’est à l’occasion de mon SWAP Nord/Sud avec Aranae du blog La Plume ou la Vie que j’ai pu le découvrir. Je ne remercierai jamais assez Aranae, car c’est un véritable coup de cœur !

Les Phénomènes de Corneghem, c’est un recueil de contes. Patrice Michel veut nous faire croire qu’il n’en est pas l’auteur, et met tous les récits dans la bouche de Walter Katt. Que trouve t-on dans ces contes ? Toute sorte de phénomènes paranormaux bien connus dans la région (mythes vivants, légendes, mystères variés…), qui semblent ne jamais avoir cessé malgré les siècles qui nous séparent de l’époque des fées. Car ces phénomènes ne se passent pas il y a fort longtemps dans un lointain royaume… ils se passent aujourd’hui, et à côté de chez vous…

Ce recueil est un véritable bijou ! Oui, j’ose :)

Stylistiquement pour commencer, il ne m’a pas fallu longtemps pour être conquise : Patrice Michel manie la plume avec une aisance déconcertante, et sait parfaitement rendre la poésie, le mystère et la magie de ses phénomènes. Conteur, on vous dit ! Un vrai de vrai ! J’ai trouvé l’idée de la mise en abime très intéressante : Walter Kalt vit sa propre histoire, entre dans le royaume merveilleux de l’esprit de la forêt, et se débloque en lui le talent latent du conteur. C’est lui, qui nous raconte avec ce petit quelque chose féérique les aventures de ses voisins.Ajoutons par là dessus une touche d’humour bien dosée, qui amusera à des degrés divers les petits comme les grands. Bien pensé, bien amené : son univers prend vie dans une ambiance de nature et de parfum frais.

Quant aux phénomènes… j’ai particulièrement apprécié la mise en situation dans une époque cent pour cent contemporaine. Les mythes, les légendes, les figures concernées – admirablement traitées du reste : Patrice Michel en a vraiment compris l’essence, je trouve ! – sont aussi anciennes que la Nature elle-même, mais manifestement, la modernité n’a pas réussi à les tuer ! Il suffit juste, aujourd’hui comme hier, de savoir regarder. Si jamais vous avez perdu le truc, rassurez-vous, ça se réapprend : vos enfants seront les meilleurs enseignants !

Bon bref, le coup de cœur intégral quoi. Le pire, c’est que je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. J’ai été embarquée dans cet univers « mine de rien », un pas après l’autre… comme si j’avais suivi ce petit lutin, là, au détour d’un fourré. Et que sans m’en apercevoir, je m’étais dans le cœur vivant de la forêt…

Annonce : Semaine Citadine – Thématique de la Ville

J’avais beaucoup aimé faire une semaine thématique « Vampires », lorsque que je me suis greffée sur l’événement du Dernier Bar et de Méluzine. J’ai trouvé que pour les thématiques, c’était un format très adapté, et je réitère cette semaine, avec une thématique Ville

Ville

Au programme cette semaine…

Lundi : Chronique – Etoiles Mortes, de Jean-Claude Dunyach (que vous pouvez d’ores et déjà rencontrer en direct aux Imaginales ! Profitez-en pour vous procurer ce roman superbe !)
Mardi : Art – Le traitement de la ville dans le travail photographique de Jean-Christophe Béchet
Mercredi : Chronique – Neverwhere, de Neil Gaiman
Jeudi : Cinéma – Dark City, de Alex Proyas
Vendredi : Chronique – Niourk, de Stephan Wul
Samedi : Compte rendu des Vendredis Oniriques, thématique Ville

A lundi pour cette semaine qui je l’espère vous enthousiasmera autant que moi !

NB : L’image est originellement un fond d’écran dont je ne connais pas l’auteur. Vous pourrez le trouver sur ce site internet.